C dans l’air du 13 février 2026 - Tempête Nils : la France trop vulnérable ?
La tempête Nils, qui a balayé une grande partie du pays d’ouest en est, a fait au moins deux morts et causé des dégâts considérables. Garonne en crue, routes submergées, arbres déracinés, poteaux arrachés et centaines de milliers de foyers sans électricité… Les conséquences se font toujours ressentir après son passage et la vigilance rouge crues est maintenue en Gironde et dans le Lot-et-Garonne. Vingt et un autres départements demeurent en vigilance orange.
« On est sur un phénomène qui est d’une ampleur exceptionnelle, tant par sa localisation géographique, puisque c’est quasi l’ensemble du territoire qui est concerné, que par sa durée », a déclaré ce vendredi matin Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, dans les locaux de Météo-France, en appelant « à la plus grande vigilance ».
D’autant que le répit sera de très courte durée. Dès ce vendredi, une nouvelle tempête « à fort impact », nommée Oriana, va arriver d’Espagne, amener pluies et vents sur le Languedoc, qui se propageront par la suite vers toute la région PACA et la Corse. L’Aude et les Pyrénées-Orientales se préparent à subir des rafales oscillant entre 110 et 130 km/h. Météo-France a d’ailleurs placé neuf départements, dont ces deux-là, en vigilance jaune vent pour samedi.
Harry, Kristin, Leonardo, Nils… et désormais Oriana. Cette nouvelle perturbation est déjà la quinzième tempête recensée en Europe depuis octobre. Pourquoi subit-on une telle série cet hiver ? Cette succession de tempêtes correspond à un « rail de dépressions » tout à fait normal en hiver. Ce qui l’est moins, c’est leur force et leur intensité. Les météorologues pointent les effets du réchauffement climatique.
Un sujet qui préoccupe 87 % des élus municipaux, selon une étude réalisée par le Shift Project. Plus de 99 % des répondants déclarent avoir perçu au moins un effet du changement climatique sur leur territoire, selon cette consultation menée par le groupe de réflexion créé par Jean-Marc Jancovici, auprès de maires et d’élus municipaux ou d’intercommunalités, de juin 2025 à janvier 2026.
« Pour eux, les enjeux environnementaux, ce sont des choses assez concrètes. Ce sont des sujets d’adaptation au changement climatique, parce qu’ils ont des inondations, des canicules », a expliqué Jean-Marc Jancovici au micro de #cdanslair. « Il faut révéler les effets positifs des mesures qu’on cherche à faire passer, parce que personne n’achète de la peine (…) Aujourd’hui, la politique que Donald Trump mène révèle une forme de conscience du fait que le monde est fini. Il n’y aura pas assez de terrain pour tout le monde, donc je vais m’emparer du Groenland. Trump est dans une espèce de politique de l’accaparement qui révèle une forme de lucidité, paradoxalement. L’Europe est considérablement plus naïve. Nous, on est sur un continent complètement dépourvu de ressources, donc notre intérêt, c’est de viser un fonctionnement de l’économie qui puisse faire avec beaucoup moins de ressources que ce qu’on a aujourd’hui », a affirmé le président du Shift Project, dans une interview à retrouver en intégralité dans l’émission du jour.
Nos experts :
- François GEMENNE - Professeur à HEC, président du conseil scientifique - Fondation pour la nature et l’homme
- Nicolas BERROD - Journaliste, chef adjoint du service Santé Sciences - Le Parisien - Aujourd’hui en France
- Marine LAMOUREUX - Grand reporter - La Croix L’Hebdo
- Esther CRAUSER-DELBOURG - Économiste de l’eau - Fondatrice de Water Wiser
- Éric BROCARDI (Duplex au Dévoluy dans les Hautes-Alpes) - Porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France