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Choses à Savoir HISTOIRE

Choses à Savoir
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  • Choses à Savoir HISTOIRE

    Qui a volé le thé aux Chinois ?

    2026-09-07 | 2 mins.
    Au milieu du XIXe siècle, un homme réussit l’une des opérations d’espionnage industriel les plus célèbres de l’histoire. Son objectif : voler à la Chine les secrets de fabrication du thé.
    Cet homme s’appelle Robert Fortune.
    À l’époque, les Britanniques sont passionnés par le thé. Ils en consomment des quantités considérables, mais ils rencontrent un problème : l’essentiel du thé qu’ils boivent vient de Chine.
    Pendant des siècles, les Chinois ont en effet conservé une maîtrise presque exclusive de sa culture et surtout de sa transformation. Pour les Britanniques, cette dépendance commerciale représente un problème économique majeur.
    En 1848, la Compagnie britannique des Indes orientales confie donc une mission à Robert Fortune, un botaniste écossais qui connaît déjà la Chine.
    Son objectif est ambitieux : rapporter des théiers chinois et, surtout, comprendre comment produire un thé de qualité afin de développer cette industrie dans l’Inde britannique.
    Mais la Chine interdit alors aux étrangers l’accès à certaines régions productrices.
    Fortune décide donc de voyager en se faisant passer pour un Chinois.
    Il adopte les vêtements locaux, se rase une partie du crâne et porte une longue natte. Accompagné de guides et d’interprètes, il pénètre ainsi dans des régions où les Européens ne sont normalement pas autorisés à se rendre.
    Il y observe les plantations et les techniques utilisées pour transformer les feuilles.
    Puis vient le problème le plus compliqué : comment transporter des milliers de plants jusqu’en Inde sans qu’ils meurent pendant le voyage ?
    Fortune utilise une invention récente : la caisse de Ward.
    Il s’agit d’une sorte de petite serre fermée par des vitres. À l’intérieur, l’eau s’évapore, se condense sur les parois puis retombe dans la terre. Ce petit écosystème permet aux plantes de supporter de longues traversées maritimes tout en recevant de la lumière.
    Grâce à ces caisses, Fortune expédie vers l’Inde des milliers de théiers et de graines.
    Mais il ne transporte pas seulement des plantes.
    Il fait également venir des ouvriers chinois maîtrisant les différentes étapes de fabrication du thé. Car posséder un théier ne suffit pas : après la récolte, les feuilles doivent être flétries, roulées, oxydées ou chauffées et séchées selon le type de thé recherché.
    Cette opération contribue au développement spectaculaire de l’industrie britannique du thé en Inde, notamment dans l’Himalaya.
    Robert Fortune n’a cependant pas, à lui seul, créé le thé indien : des théiers indigènes avaient déjà été identifiés en Assam et leur exploitation avait commencé.
    Mais sa mission permit aux Britanniques d’acquérir des plantes et surtout un savoir-faire chinois précieux.
    Un transfert de technologie avant l’heure, qui participa à briser progressivement la domination de la Chine sur le commerce mondial du thé.
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  • Choses à Savoir HISTOIRE

    Pourquoi Venise a-t-elle été privée de carnaval pendant près de 200 ans ?

    2026-09-04 | 2 mins.
    Aujourd’hui, impossible d’imaginer Venise sans son carnaval. Chaque année, les rues et les places se remplissent de personnages vêtus de costumes somptueux et, surtout, de ces fameux masques qui dissimulent leur identité. Pourtant, cette tradition a pratiquement disparu pendant près de deux siècles.
    Pour comprendre pourquoi, il faut revenir à la fin du XVIIIe siècle.
    À cette époque, le carnaval de Venise est déjà très ancien. Ses origines remontent au Moyen Âge et, au XVIIIe siècle, il est devenu l’un des événements les plus célèbres d’Europe. Pendant plusieurs semaines, les Vénitiens peuvent porter des masques, assister à des spectacles, jouer dans les casinos et participer à d’immenses fêtes populaires.
    Mais le masque possède une particularité importante : il efface temporairement les différences sociales. Un aristocrate peut côtoyer un marchand ou un simple citoyen sans être immédiatement reconnu.
    Et c’est précisément ce qui va inquiéter les nouveaux maîtres de Venise.
    En 1797, les troupes de Napoléon Bonaparte entrent dans la région. La République de Venise, qui existait depuis plus de mille ans, disparaît. Napoléon impose un nouveau régime, avant que la ville ne passe quelques mois plus tard sous domination autrichienne.
    Dans ce contexte politique extrêmement tendu, les autorités se méfient des rassemblements et surtout des personnes masquées. Car derrière un masque, difficile de savoir qui se cache. Des opposants peuvent se réunir anonymement, préparer des troubles ou échapper plus facilement à la surveillance de la police.
    Le port du masque et les festivités du carnaval sont donc fortement restreints. Sous les dominations française puis autrichienne, la grande tradition publique du carnaval vénitien disparaît progressivement.
    Attention toutefois : cela ne signifie pas qu’aucune fête costumée n’a lieu pendant près de 200 ans. Des célébrations privées ou ponctuelles subsistent. Mais le grand carnaval populaire qui faisait la réputation de Venise n’existe plus sous sa forme traditionnelle.
    Même après l’intégration de Venise au royaume d’Italie, en 1866, il ne retrouve pas immédiatement son importance passée.
    Il faut attendre les années 1970 pour assister à sa véritable renaissance. Des habitants, des artistes et des associations cherchent alors à ressusciter les anciennes traditions vénitiennes. En 1979, les autorités locales relancent officiellement le carnaval.
    Le succès est spectaculaire.
    En quelques années, masques, costumes et spectacles envahissent de nouveau la place Saint-Marc et les ruelles de Venise.
    Ainsi, l’un des carnavals les plus célèbres du monde est en réalité une tradition très ancienne… mais ressuscitée il y a seulement quelques décennies.
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  • Choses à Savoir HISTOIRE

    Comment deux hommes ont-ils réussi à voyager… par la Poste ?

    2026-09-03 | 2 mins.
    L’histoire paraît inventée. Pourtant, à plus de trente ans d’intervalle, deux hommes sont réellement parvenus à voyager entre les îles Anglo-Normandes en utilisant les services de la Poste. Ils s’appelaient Harry Turner et le major « Peabod » Palmer. Et ils ont profité d’une étonnante faille dans le règlement postal britannique.
    Commençons en 1905, sur l’île de Guernesey.
    Harry Turner découvre dans un journal qu’un homme a réussi quelques années auparavant à se faire transporter par la Poste à Londres. Intrigué, il décide de vérifier si l’expérience est également possible à Guernesey.
    Il étudie alors le règlement postal et découvre une disposition étonnante. Un service spécial permet d’expédier certains objets sous la surveillance d’un employé de la Poste. Mais apparemment, rien n’indique explicitement que « l’objet » en question ne peut pas être… un être humain.
    Turner décide donc de se faire envoyer de Guernesey jusqu’à l’île voisine de Sercq.
    Et cela fonctionne.
    Le 6 juillet 1905, il effectue la traversée accompagné d’un messager des Postes chargé de veiller sur cet étrange « colis ». Turner ne voyage donc pas enfermé dans une caisse : c’est sa personne elle-même qui est prise en charge par le service postal.
    L’expérience est surtout une plaisanterie destinée à tester les limites du règlement. Turner revient même à Guernesey le même jour, accueilli par une foule amusée.
    Mais en 1940, un autre homme va utiliser cette faille pour une raison beaucoup plus sérieuse.
    Le major « Peabod » Palmer se trouve à Guernesey et cherche désespérément à rejoindre sa famille sur l’île d’Aurigny. Nous sommes en février 1940 : la Seconde Guerre mondiale a commencé et les déplacements deviennent difficiles.
    Problème : toutes les places disponibles sur le bateau sont réservées.
    Palmer consulte alors le règlement de la Poste et arrive à la même conclusion que Turner : aucun texte n’interdit formellement d’expédier une personne.
    Il demande donc à voyager… par la Poste.
    Le capitaine du bateau refuse d’abord de l’embarquer. Finalement, Palmer obtient son passage et voyage dans la cale, sous supervision postale.
    À son arrivée à Aurigny, l’histoire devient encore plus savoureuse : il est conduit au bureau de tri postal, puis un facteur le remet officiellement à sa destinataire.
    Qui est cette destinataire ?
    Sa propre épouse.
    Palmer venait littéralement d’être « livré » chez lui.
    Après cet épisode, les règles furent modifiées afin d’empêcher qu’une personne puisse de nouveau utiliser la Poste comme moyen de transport.
    Harry Turner et le major Palmer restent ainsi les héros d’une curieuse époque où, avec suffisamment d’imagination, on pouvait voyager non pas avec un billet… mais comme un colis postal.
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  • Choses à Savoir HISTOIRE

    On se retrouve très vite !

    2026-06-05 | 0 mins.
    Je suis contraint de faire une pause. Toutes mes excuses. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
  • Choses à Savoir HISTOIRE

    Les Romains vomissaient-ils vraiment entre les plats ?

    2026-06-02 | 2 mins.
    C’est une image bien ancrée dans l’imaginaire collectif : celle du Romain repu, se faisant vomir entre deux plats gargantuesques pour continuer à festoyer. Mais est-ce vraiment historique… ou juste un mythe bien digéré ?

    Le cliché du "vomitorium"
    L’une des principales sources de confusion vient du mot "vomitorium", souvent interprété à tort comme une pièce où l’on allait vomir pendant les banquets. En réalité, un vomitorium est un couloir d’accès dans les amphithéâtres romains, permettant aux spectateurs d’entrer ou de sortir rapidement, comme "vomis" par la foule.
    Donc non, les vomitoriums n’étaient pas des salles dédiées aux excès gastronomiques !

    Et alors, vomissaient-ils vraiment ?
    La vérité est plus nuancée. Certains Romains pratiquaient bien le vomissement volontaire, mais ce n’était pas une norme culturelle générale, ni une partie ordinaire du rituel du repas. Cette pratique extrême était très marginale et associée à des comportements de luxe décadent, souvent critiqués par les moralistes et les auteurs de l’époque.
    Par exemple, l’historien Suétone, dans sa Vie de César, rapporte que l’empereur Claude mangeait et buvait jusqu’à se faire vomir — mais pour pouvoir continuer à boire encore. Ce type de comportement était considéré comme scandaleux, même par les standards de Rome.

    Une culture de l’excès… mais pas systématique
    Il est vrai que les banquets romains, surtout chez les élites, étaient souvent extravagants. Lors des convivia (repas aristocratiques), on pouvait servir des dizaines de plats, des mets rares comme des langues de flamant rose ou des loirs farcis. Le but ? Montrer sa richesse, son raffinement… et parfois, son absence totale de modération.
    Mais pour autant, la majorité des Romains ne se livraient pas à de tels excès. La plupart avaient une alimentation simple, à base de pain, légumes, légumineuses et un peu de viande ou de poisson selon les moyens.

    Le vomi comme symbole moral
    Les auteurs comme Sénèque, Pline l’Ancien ou Juvénal utilisaient la figure du vomissement comme critique morale : symbole d’une société décadente, d’un Empire qui perdait ses repères. Ce n’était pas tant un fait courant qu’une image exagérée, une caricature dénonçant la dérive de l’élite.

    En résumé
    Non, les Romains ne vomissaient pas systématiquement entre les plats.
    Oui, quelques-uns s’y livraient, mais c’était rare, marginal et mal vu.
    Le vomitorium n’avait rien à voir avec le vomissement.
    Cette idée vient surtout de caricatures morales antiques et d’un malentendu linguistique.
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