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    « L’école ne permet pas l’émergence de l’intelligence, l’école est un instrument d’idéologie. » Entretien avec le philosophe Michel Onfray

    2026-1-15 | 1h 33 mins.
    Philosophe et essayiste prolifique, Michel Onfray ouvre l’année au micro de Contact pour une conversation où il reconnaît qu’après toutes ces années à débattre dans l’espace public, l’envie de faire silence l’habite parfois.
    Nous débutons l’entretien avec un clin d'œil à son travail de longue haleine consacré à Pierre-Joseph Proudhon, figure fondatrice et pourtant méconnue de l’anarchisme.
    La discussion porte ensuite sur une réflexion plus large sur la politique contemporaine, la démocratie représentative et les impasses idéologiques actuelles. Onfray y questionne frontalement les notions de gauche et de droite, qu’il juge largement dévoyées, et assume ses ruptures : « Si être de gauche aujourd’hui, c’est être raciste, antisémite ou faire commerce du corps des femmes, alors ce n’est pas ma gauche ».
    L’entretien prend une ampleur davantage anthropologique lorsque Michel Onfray aborde l’intelligence artificielle, l’école, la transmission et l’avenir même de l’humanité. Inquiet d’une délégation croissante de notre capacité de jugement aux machines, il met en garde contre une « atrophie de l’intelligence » et une perte du sens critique : « L’école ne permet pas l’émergence de l’intelligence, l’école est un instrument d’idéologie. »
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    « Le plus gros risque mondial aujourd’hui, ce ne sont pas les changements climatiques, ce sont les déplacements de populations. » Entretien avec le fondateur de GardaWorld Stéphan Crétier

    2025-12-18 | 1h 25 mins.
    À la tête de GardaWorld, géant mondial de la sécurité comptant plus de 130 000 employés et générant plus de 8 milliards de dollars de chiffre d’affaires, Stéphan Crétier évolue au carrefour du renseignement, de la protection et du pouvoir. Parti de presque rien, devenu milliardaire sans jamais, dit-il, avoir « pensé le succès en termes de dollars », l’entrepreneur québécois décrit un monde où la sécurité est désormais globale, intégrée, et profondément marquée par l’intelligence artificielle. « La sécurité, aujourd’hui, est holistique », affirme-t-il, évoquant aussi bien la protection des infrastructures que celle des grandes fortunes, des chaînes d’approvisionnement ou des zones de crise.
    Au cœur de l’entretien, Crétier dévoile les coulisses d’une industrie où l’anticipation est devenue la clé. Grâce à des outils d’IA développés notamment en partenariat avec Palantir, son groupe mise sur une « intelligence anticipative » capable de cartographier les vulnérabilités et de prévoir les risques avant qu’ils ne surviennent. « La réponse est probablement oui », concède-t-il lorsque Stéphan Bureau évoque Minority Report et la possibilité de prévenir certains crimes avant leur commission. Mais cette puissance prédictive pose aussi un vertigineux dilemme démocratique.
    Plus personnel, l’échange se conclut sur le parcours intime de Crétier : fils d’immigrants européens, marqué par la précarité, la mort précoce de son père et la fragilité des services publics. Sa réussite s’est construite dans une logique de survie autant que d’ambition. « On a le choix de lire le menu ou d’être au menu », résume-t-il, décrivant un monde qu’il juge « prédatorial », où l’Occident vit désormais retranché, assiégé, tandis que les inégalités de protection et d’accès aux soins explosent. Un constat lucide, parfois brutal, sur la sécurité comme nouveau révélateur des fractures contemporaines.
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    « Le crime organisé veut exercer le pouvoir à distance ». Entretien avec Jean-François Gayraud, commissaire général de la police nationale

    2025-12-11 | 1h 11 mins.
    Commissaire général de police, ancien membre de la cellule de coordination du renseignement à l’Élysée, aujourd’hui directeur de l’Académie du renseignement, Jean-François Gayraud revient au micro de Contact pour explorer la face cachée du crime organisé. Auteur du récent Les sociétés du silence, il propose une lecture dérangeante mais lucide d’un monde criminel qui prospère d’abord sur l’invisible. Pour lui, l’angle mort majeur de notre compréhension n’est ni la violence, ni l’argent, mais le mutisme : « Ce qui est silencieux, ce qui est invisible… on ne le combat pas, tout simplement. »
    Au fil de l’échange, Gayraud déconstruit les illusions médiatiques et politiques entourant mafias, cartels et crimes en col blanc. Il rappelle que l'hyper-visibilité — comme celle de la « DZ mafia » marseillaise — ne représente souvent qu’une distraction. L’essentiel, dit-il, se joue ailleurs : dans des organisations matures qui préfèrent l’influence à la brutalité, la compromission à la terreur, la discrétion à la gloire. « Les territoires où le crime organisé devient hégémonique transforment les citoyens en sourds et en muets », explique-t-il, évoquant ces zones grises où souveraineté politique et pouvoir criminel s’enchevêtrent.
    L’entretien se fait plus large, plus sombre aussi, lorsqu’il aborde les dérives systémiques : la puissance réelle des cartels, les liens anciens entre États et mondes interlopes, l’usage stratégique du silence dans la finance comme dans la géopolitique. Sans paranoïa, mais sans naïveté, Gayraud rappelle que ces forces savent infiltrer, corrompre, se déguiser. Pourtant, il conserve une foi intacte dans l’État de droit : « J’ai toujours foi en mon église », dit-il, convaincu que la connaissance doit précéder l’action et que la lucidité demeure la seule voie pour « regarder derrière les apparences ».
    Une conversation dense, grave et éclairante sur ce qui se voit… et surtout ce qui se tait.
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    « On n’a pas besoin que vous soyez intelligent. Tout ce qu’on veut, c’est que votre temps de cerveau disponible soit présent le plus longtemps possible sur la plateforme. » Entretien avec l’économiste et essayiste Olivier Babeau

    2025-12-04 | 1h 7 mins.
    Olivier Babeau - essayiste, économiste, président du think tank Sapiens - déploie une réflexion ambitieuse sur le monde qui vient, dans la continuité de ses ouvrages La tyrannie du divertissement et Ne faites plus d’études. D’entrée de jeu, il raconte comment la révolution technologique bouleverse la hiérarchie traditionnelle des valeurs : « L’intelligence, qui était le truc le plus rare, est devenue une commodité », résume-t-il. Cette bascule affecte profondément l’école, le travail, l’accès à la compétence et la structuration des élites.
    Babeau avance une thèse dérangeante : l’IA ne bouleverse pas seulement l’économie, elle menace de transformer l’humain lui-même. Héritiers d’un « cerveau de chasseur-cueilleur » mal adapté au déluge technologique moderne, nous sommes vulnérables à la sédentarité cognitive et à l’économie de l’attention, qui « fabrique des crétins » en exploitant nos réflexes neurobiologiques les plus archaïques. Entre ceux qui utiliseront les technologies comme levier d’ascension et ceux qui s’y abandonnent comme à une prothèse, il voit se dessiner « deux humanités » : l’une disciplinée, l’autre happée par l’immédiateté.
    Enfin, l’auteur pointe la fragilisation des sociétés démocratiques, notamment par la surproduction d’élites diplômées mais sans débouchés, source d’amertume et de tensions explosives. L’université, selon lui, traverse une crise existentielle : massifiée, coûteuse, déconnectée. « Il n’y a plus d’excuse au fait de ne pas savoir », dit-il, rappelant que la connaissance est désormais à un clic de distance. Face à ce monde où les machines feront toujours mieux que nous, Babeau plaide pour un retour aux humanités, à l’esprit critique et à la formation d’un individu capable non seulement d’apprendre, mais de juger : car « la vraie valeur ajoutée, demain, ce sera de savoir aller plus loin que la machine ».
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    « Quand les mœurs s’effondrent, les lois se multiplient » Entretien avec le sociologue Mathieu Bock-Côté

    2025-11-27 | 1h 22 mins.
    Au cours de l’entretien, Mathieu Bock-Côté revient sur son installation en France et sur la manière dont cela a fait évoluer son rôle intellectuel. Il explique avoir quitté l’enseignement universitaire pour s’engager pleinement dans le débat public, se décrivant désormais comme un « éditorialiste engagé » dans un moment qu’il juge déterminant pour l’histoire politique française. Nous serions en train de vivre aujourd’hui la fin du cycle ouvert en 1989 avec la chute du mur de Berlin et l’entrée dans une nouvelle époque où les questions nationales et identitaires redeviennent centrales.
    MBC analyse la montée des mouvements qualifiés de « populistes » en Occident, non pas comme une dérive radicale, mais comme une « révolte » populaire contre un ordre politique qui cherche à se maintenir. À ses yeux, les élites institutionnelles perçoivent ces mobilisations comme des menaces à contenir plutôt que comme des expressions légitimes du débat démocratique. Dans certains pays, l’architecture juridique et administrative tendrait même à empêcher l’alternance politique réelle, ce qui alimente encore davantage la défiance citoyenne.
    Enfin, il aborde la situation québécoise et la possibilité d’un retour de la question de l’indépendance dans un contexte international en mutation. Il estime que la conjoncture pourrait créer une « fenêtre d’opportunité » pour le mouvement souverainiste, notamment parce que certains acteurs politiques américains pourraient y voir un intérêt géopolitique. Pour lui, cette hypothèse s’inscrit dans un mouvement plus global de « réveil des peuples » face à une crise du modèle politique occidental.
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Stéphan Bureau mène de longs entretiens avec des invités qui pensent, créent ou façonnent notre monde. Dans l’air du temps sans être dans l’actualité brûlante, Contact se veut une tribune plurielle pour sortir des sentiers battus du prêt-à-penser.
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