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Choses à Savoir CERVEAU

Choses à Savoir
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  • Choses à Savoir CERVEAU

    Comment expliquer la voix qu'entendent les schizophrènes ?

    2026-2-06 | 2 mins.
    Les hallucinations auditives — ces voix que certaines personnes atteintes de schizophrénie entendent sans qu’aucun son réel ne soit présent — figurent parmi les symptômes les plus déstabilisants de la maladie. Pendant des décennies, leur origine exacte est restée floue, malgré de nombreuses théories. Une étude récente menée par une équipe de l’University of New South Wales, grâce à des techniques avancées d’imagerie cérébrale, apporte désormais une explication beaucoup plus précise du phénomène.

    L’idée centrale confirmée par ces travaux est que les voix hallucinées seraient liées à un dysfonctionnement de la voix intérieure. Chez tout individu, une grande partie de la pensée prend la forme d’un dialogue silencieux. Lorsque nous pensons, le cerveau sait que ces mots sont produits par nous-mêmes. Pour cela, il utilise un mécanisme de prédiction : au moment où une pensée verbale est générée, le cerveau envoie un signal d’anticipation vers les régions auditives afin de réduire leur activité. Ce filtre permet de distinguer ce qui vient de soi de ce qui vient de l’extérieur.

    Chez certaines personnes souffrant de schizophrénie, ce système semble altéré. Les chercheurs ont observé l’activité cérébrale de participants pendant qu’ils imaginaient des sons ou entendaient des bruits réels. Chez les personnes sans trouble, l’activité des aires auditives diminuait lorsque la pensée correspondait au son attendu. En revanche, chez les patients sujet aux hallucinations auditives, l’effet inverse apparaissait : l’activité auditive augmentait, comme si le cerveau interprétait la pensée interne comme un son externe.

    Autrement dit, le cerveau ne reconnaît plus correctement ses propres productions mentales. Les pensées verbales sont alors perçues comme étrangères, ce qui donne l’impression qu’une voix indépendante parle. Ce mécanisme explique pourquoi ces hallucinations sont vécues comme réelles, souvent distinctes de la personnalité du patient, et parfois dotées d’un ton, d’un genre ou d’une identité propre.

    Cette découverte est majeure, car elle transforme la manière dont on comprend les hallucinations. Elles ne seraient pas dues à une imagination excessive, mais à une erreur de classification entre « moi » et « non-moi », entre intérieur et extérieur. Le cerveau produit bien les voix, mais il échoue à en identifier l’origine.

    Les implications cliniques sont importantes. Les chercheurs ont identifié des signatures cérébrales spécifiques associées à ce dysfonctionnement, détectables par électroencéphalographie. À terme, cela pourrait permettre de repérer précocement les personnes à risque de psychose, avant même l’apparition de symptômes sévères, et d’adapter plus rapidement les traitements.

    Ces résultats rappellent que les hallucinations auditives ne relèvent pas du mystère ou du surnaturel, mais d’un mécanisme cérébral précis. Elles illustrent à quel point notre sentiment de réalité repose sur un fragile équilibre : celui qui nous permet, en permanence, de reconnaître nos pensées comme étant les nôtres.

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  • Choses à Savoir CERVEAU

    La conscience nait-elle dans le coprs ou le cerveau ?

    2026-2-04 | 2 mins.
    La question « la conscience naît-elle dans le corps ou dans le cerveau ? » traverse depuis longtemps la philosophie et les neurosciences. Longtemps, la réponse dominante a été claire : la conscience serait un produit du cerveau. Mais les recherches les plus récentes invitent aujourd’hui à nuancer fortement cette vision.

    Du côté des neurosciences classiques, le cerveau reste évidemment central. De nombreuses études montrent que l’expérience consciente apparaît lorsque des informations traitées dans différentes régions cérébrales sont mises en commun au sein de vastes réseaux. Ce n’est pas une zone précise qui « fabrique » la conscience, mais l’activité coordonnée de circuits distribués. Lorsque cette communication globale est perturbée, par une anesthésie profonde, un coma ou certaines lésions, la conscience disparaît ou se fragmente.

    Cependant, une grande étude internationale publiée récemment a comparé plusieurs grandes théories de la conscience. Elle montre qu’aucune ne suffit, à elle seule, à expliquer tous les résultats expérimentaux. Mais un point fait consensus : la conscience dépend bien de configurations neuronales spécifiques, tout en étant influencée par des signaux qui ne proviennent pas uniquement du cerveau.

    C’est là qu’intervient le corps. Des travaux récents indiquent que les signaux corporels — battements cardiaques, respiration, tension musculaire, activité digestive — modulent directement ce que nous percevons consciemment. Par exemple, certaines expériences montrent que notre sens du « moi », notre perception des émotions ou notre capacité d’attention varient selon les informations remontant des organes vers le cerveau.

    Selon cette approche, le cerveau ne créerait pas la conscience dans un vide biologique. Il l’orchestrerait à partir d’un dialogue permanent avec le corps. Le philosophe et neurologue Antonio Damasio défend notamment l’idée que les émotions et les états corporels constituent un socle fondamental de la conscience : avant même de penser, nous ressentons.

    La dernière génération d’études pousse donc vers une vision dite « incarnée » de la conscience. Elle n’émerge ni uniquement du cerveau, ni directement du corps, mais de leur interaction constante. Le cerveau fournit l’architecture permettant l’intégration de l’information, tandis que le corps apporte une matière première essentielle : sensations internes, états physiologiques, signaux émotionnels.

    Autrement dit, la conscience ne serait pas un simple « produit neuronal », mais un phénomène émergent d’un organisme vivant entier, en interaction avec son environnement.

    Cette perspective change profondément notre manière de penser l’esprit. Elle suggère que comprendre la conscience ne passera pas seulement par l’étude des neurones, mais aussi par celle du cœur, des viscères, de la respiration et de leurs échanges avec le cerveau.
    La conscience ne naîtrait donc pas dans un lieu unique. Elle se construirait, à chaque instant, dans le dialogue silencieux entre le cerveau et le corps.

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  • Choses à Savoir CERVEAU

    Quel est l'effet de la lumière sur les performances cognitives ?

    2026-2-02 | 2 mins.
    Quand on pense à la lumière naturelle, on évoque spontanément son rôle sur l’humeur ou sur le sommeil. Mais une étude récente publiée dans la revue Communications Psychology suggère qu’elle exerce aussi un effet plus discret et pourtant majeur : elle améliore directement certaines performances cognitives, comme la vitesse de réaction, l’attention et la mémoire de travail.

    Pour s’en assurer, des chercheurs ont suivi des participants dans leur vie quotidienne pendant plusieurs jours. Chacun portait un capteur mesurant précisément son exposition à la lumière ambiante, tout en réalisant régulièrement des tests cognitifs sur smartphone. Ces tests évaluaient notamment la vigilance, la rapidité de traitement de l’information et la capacité à maintenir une information en mémoire sur une courte durée.

    Les résultats sont frappants. Les personnes ayant été exposées à une lumière naturelle intense peu de temps avant un test obtenaient de meilleures performances que lorsqu’elles avaient passé plusieurs heures dans un environnement plus sombre. Leur temps de réaction était plus rapide, sans augmentation du nombre d’erreurs. Autrement dit, elles allaient plus vite sans sacrifier la précision. De plus, une exposition globalement plus élevée à la lumière sur l’ensemble de la semaine était associée à une meilleure mémoire de travail et à une attention plus stable.

    Ce qui rend ces résultats particulièrement intéressants, c’est qu’ils ne s’expliquent pas uniquement par un meilleur sommeil. Même à durée de sommeil équivalente, la lumière naturelle semblait conférer un avantage cognitif immédiat. Cela suggère l’existence d’un mécanisme direct entre la lumière et les réseaux cérébraux impliqués dans l’éveil et la concentration.

    Ce mécanisme repose en grande partie sur des cellules spécifiques de la rétine, appelées cellules ganglionnaires intrinsèquement photosensibles. Contrairement aux cônes et aux bâtonnets, elles ne servent pas à former des images, mais à détecter l’intensité lumineuse. Elles contiennent un pigment, la mélanopsine, très sensible à la lumière du jour. Lorsqu’elles sont activées, elles envoient des signaux vers des régions cérébrales qui régulent l’état d’éveil, l’attention et les rythmes biologiques.
    En clair, la lumière naturelle agit comme un stimulant cérébral doux. Elle ne provoque pas une excitation artificielle, mais place le cerveau dans un état de disponibilité optimale pour traiter l’information.

    Ces découvertes ont des implications concrètes. Travailler près d’une fenêtre, sortir quelques minutes à l’extérieur le matin ou privilégier l’éclairage naturel plutôt que des lumières artificielles faibles pourrait améliorer subtilement mais durablement nos capacités mentales.

    La lumière du jour ne serait donc pas seulement un décor agréable : elle constituerait un véritable carburant cognitif, simple, gratuit et largement sous-estimé pour entretenir les performances de notre cerveau au quotidien.
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    Pourquoi la maladie de Charcot pourrait commencer pendant votre sommeil ?

    2026-1-30 | 2 mins.
    Et si la maladie de Charcot commençait… dans vos nuits ? C’est l’idée vertigineuse soulevée par une étude récente menée par des chercheurs de l’Inserm et de l’Université de Strasbourg... Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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    Pourquoi le cerveau apprend à supporter l’insupportable ?

    2026-1-28 | 2 mins.
    Pour écouter les deux épisodes recommandés:

    1/ Pourquoi votre opinion change-t-elle sans que vous vous en rendiez compte ?
    Apple Podcast:
    https://podcasts.apple.com/us/podcast/pourquoi-votre-opinion-change-t-elle-sans-que-vous/id1048372492?i=1000746638428
    Spotify:
    https://open.spotify.com/episode/0dzW7snN390LBqxeDluaoW?si=kTTF4LlVSMGVOQ9S_5XAEA

    2/ Dans quel pays est-il interdit de chanter en playback ?
    Apple Podcast:
    https://podcasts.apple.com/us/podcast/dans-quel-pays-est-il-interdit-de-chanter-en-playback/id1048372492?i=1000746550059
    Spotify:
    https://open.spotify.com/episode/3Ocem5LLM6sPtRnuyrll6W?si=MEBGO8qeSFGMVpiqLh9_3A

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    Quand on n’a pas d’enfants, l’idée de changer une couche ressemble à une épreuve de Koh-Lanta… version biologique : odeurs, textures, microbes, haut-le-cœur. Et pourtant, chez les parents, quelque chose d’étonnant se produit...
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About Choses à Savoir CERVEAU

Pour tout comprendre, jour après jour, sur le fonctionnement du cerveau. Textes de Christophe Rodo, neuroscientifique, jusqu’en septembre 2024. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Generated: 2/6/2026 - 10:21:52 AM