Parce que… c’est l’épisode 0x30B!
Shameless plug
24 et 25 juin 2026 - Troopers
26 et 27 juin 2026 - leHACK
30 juin au 2 juillet 2026 - Pass the SALT
19 septembre 2026 - Bsides Montréal
20 au 26 septembre 2026 - BruCON
13 novembre 2026 - DEATHCon
16 au 19 novembre - European Cyber Week
1 au 3 décembre 2026 - Forum INCYBER - Canada 2026
24 et 25 février 2027 - SéQCure 2027
Description
Dans cette 17e collaboration entre les balados Cyber Citoyen et Polysécure, Catherine anime la discussion avec Sam et Nicolas autour de quatre grands thèmes : la surveillance étatique en Russie, les abus du système de surveillance routière Flock, une étude sur les noms de domaine malveillants et le couplage de cette tendance avec le phishing, et enfin une anecdote sur les véhicules de livraison Amazon.
Le système Sorm en Russie
Sam ouvre l’épisode en présentant le Sorm, un système russe de surveillance des communications téléphoniques et internet datant de 1995. Conçu au départ pour donner au FSB un accès direct aux infrastructures téléphoniques, il a été étendu en 1998 aux fournisseurs d’accès internet, puis intensifié autour des Jeux olympiques de Sochi sous prétexte sécuritaire. Les fournisseurs doivent installer cet équipement à leurs propres frais, ce qui pousse les petits opérateurs à résister, sous peine d’amendes ou de retrait de licence pendant dix ans. Le système permet désormais des recherches par mots-clés et centralise des données extrêmement sensibles : adresses, passeports, coordonnées bancaires, géolocalisation, adresses IP et courriels. Les intervenants soulignent le parallèle avec les pratiques américaines révélées par Snowden, et notent que cette intensification coïncide avec le mécontentement intérieur lié à la guerre en Ukraine. La discussion s’élargit aux blocages d’internet ailleurs (Iran, listes blanches), à la conférence SplinterNet sur la fragmentation du réseau mondial, puis à des tendances similaires dans les démocraties occidentales (Chat Control en Europe, le projet de loi C-2 au Canada, les lois britanniques), illustrant que l’identification obligatoire (numéros de téléphone, cartes SIM, interdiction des téléphones jetables aux États-Unis) n’est pas l’apanage des régimes autoritaires. Nicolas évoque aussi son expérience personnelle en Corée du Sud, où l’identité est systématiquement liée aux services numériques. Le segment se conclut sur l’inquiétude que cette centralisation des données personnelles russes constitue elle-même une cible de choix pour des puissances rivales, et sur le constat plus large d’une incompréhension généralisée des conséquences à long terme de ces choix technologiques.
Les dérives du système Flock
Nicolas revient ensuite sur Flock, le système de reconnaissance de plaques d’immatriculation, déjà abordé dans un épisode précédent. Grâce au site DeFlock, des citoyens ont découvert que leur plaque avait été recherchée des centaines de fois sans justification : un cas où un policier avait consulté la plaque d’une victime plus de cent fois, et un chef de police pris à espionner sa propre conjointe. La réponse de l’entreprise Flock, qui se targue de transparence plutôt que de reconnaître le problème, est jugée particulièrement maladroite, surtout après la révélation qu’une quarantaine de nouveaux cas d’abus ont été recensés en un seul mois. Les animateurs saluent le rôle du journalisme d’enquête (notamment celui de 404 Media) dans la mise en lumière de ces dérives, et comparent l’absence de garde-fous chez Flock aux systèmes d’alerte automatique utilisés dans les réseaux hospitaliers ou les agences gouvernementales, où une consultation anormale d’un dossier déclenche immédiatement une enquête. Le débat se conclut sur la question de savoir si cette absence de contrôle relève de l’incompétence ou d’un choix délibéré de ne pas investir dans la prévention des abus.
Noms de domaine, phishing et marché de la fraude
Sam présente ensuite une étude d’Interisle sur les noms de domaine enregistrés en 2025 : sur 85 millions de domaines créés, 8,5 millions ont fini bloqués pour usage frauduleux, soit un plancher d’environ 10 %, probablement plus proche de 15 à 20 % en réalité. Cinq bureaux d’enregistrement concentrent la moitié des domaines bloqués, l’un d’eux affichant un taux de 88 %, souvent via l’enregistrement automatisé en masse de domaines à très bas coût. Le groupe critique l’approche du rapport, trop centrée sur l’autorégulation du marché, alors qu’aucun mécanisme structurel n’empêche ces registraires de continuer leurs pratiques. L’exemple belge du CCB, qui bloque au niveau national les domaines jugés dangereux, est cité comme une approche plus efficace, comparable à une mesure de santé publique. La conversation aborde aussi la difficulté d’agir à l’échelle internationale, faute de coordination entre les autorités américaines et européennes. En lien avec ce sujet, Sam note une diminution du volume des attaques de phishing de 20 % en 2024 et 2025, non pas parce que la menace recule, mais parce que les attaquants privilégient désormais des campagnes plus sophistiquées et ciblées plutôt que des envois massifs peu rentables, une tendance facilitée par les outils d’intelligence artificielle générative.
L’anecdote des camionnettes Amazon et la question de l’authenticité
Le dernier sujet porte sur une mise à jour logicielle des camions de livraison Amazon qui coupe la climatisation après seulement trente secondes d’inactivité, exposant les chauffeurs à des chaleurs dangereuses, notamment au Texas. La réponse officielle d’Amazon, qui présente cette mesure comme un gain de confort et d’autonomie de batterie, est tournée en dérision par les animateurs, qui y voient un exemple typique d’absence d’accountability corporative. Cette anecdote sert de tremplin à une réflexion plus large sur le manque d’authenticité des communications d’entreprise contemporaines, illustrée par le retrait du slogan « Don’t Be Evil » chez Google, et une brève mention du manifeste controversé du dirigeant de Palantir, sujet que le groupe prévoit de traiter dans un épisode futur dédié.
Collaborateurs
Nicolas-Loïc Fortin
Catherine Dupont-Gagnon
Samuel Harper
Crédits
Montage par Intrasecure inc
Locaux virtuels par Riverside.fm