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Nicolas-Loïc Fortin et tous les collaborateurs
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    PME - Mythos ou pas mythos - Parce que... c'est l'épisode 0x305!

    2026-06-04 | 16 mins.
    Parce que… c’est l’épisode 0x305!

    Shameless plug

    24 et 25 juin 2026 - Troopers

    26 et 27 juin 2026 - leHACK

    19 septembre 2026 - Bsides Montréal

    1 au 3 décembre 2026 - Forum INCYBER - Canada 2026

    24 et 25 février 2027 - SéQCure 2027

    Description

    Dans cet épisode, l’animateur réunit son trio composé de Cyndie Feltz, Nicholas Milot et Dominique Derrier pour discuter de Mythos, un sujet qui fait beaucoup les manchettes. D’entrée de jeu, l’équipe précise que l’important n’est pas tant Mythos en soi — entouré de beaucoup de bruit et de marketing — que la prise de conscience qu’il provoque : les modèles d’IA, qu’ils soient spectaculaires comme Mythos ou plus sobres comme Opus, marquent un changement de paradigme dans la découverte de vulnérabilités et dans la façon dont les attaquants opèrent. L’enjeu central pour les PME est simple : il deviendra encore plus facile de s’attaquer aux systèmes, alors que c’était déjà facile.

    Qu’est-ce que Mythos ?

    Pour ceux qui auraient « vécu sous une roche » ces dernières semaines, l’équipe explique le concept. Nous sommes à l’ère de l’IA et des LLM (large language models), capables de générer des images, de communiquer, de faire du « vibe coding ». Des chercheurs ont eu l’idée d’utiliser ces modèles pour découvrir des vulnérabilités dans les applications. En poussant le modèle, on obtient une puissance démultipliée — quoique coûteuse en tokens — capable d’analyser du code, de tester et de trouver les failles permettant de pénétrer les systèmes.

    Mythos est un modèle hautement spécialisé qui n’est pas encore réellement accessible au public; seules de grosses organisations et certains gouvernements peuvent y accéder. L’équipe évoque le fait qu’Anthropic l’utiliserait elle-même pour tester de grands projets open source, et mentionne un projet (« Glass Wind » ou similaire) regroupant de gros joueurs comme CrowdStrike, Amazon et Apple, qui utiliseraient Mythos pour sécuriser les systèmes. Un participant souligne avec ironie l’angle marketing : si l’outil était vraiment si dangereux, Anthropic n’en aurait simplement pas parlé et l’aurait gardé à l’interne.

    Un outil à double tranchant

    Les intervenants insistent : il s’agit avant tout d’un excellent outil d’analyse de code permettant de corriger des vulnérabilités. C’est précisément le travail quotidien de Nicholas et Cyndie. L’avantage d’une machine, c’est qu’elle ne dort pas la nuit ni les fins de semaine — elle fonctionne 24/7, sans relâche. L’exploit le plus médiatisé a été la découverte de vulnérabilités dans le navigateur Firefox, des failles qu’un humain n’aurait peut-être pas trouvées dans un temps ou avec une logique humaine.

    Un point technique crucial est soulevé : Mythos n’est pas un outil « point and shoot ». Il ne suffit pas de pointer une URL pour faire pirater une application. Il faut fournir le code source de l’application. C’est une nuance importante, d’autant que bien des organisations — voire des gouvernements — ne savent même pas où se trouve leur propre code source.

    L’équipe reste honnête : en mai 2026, leur propre métier de recherche de failles repose déjà sur l’IA, tout en conservant un volet manuel. Ils perfectionnent leurs propres outils. Et les acteurs malveillants, moins scrupuleux, font exactement la même chose. C’est là le vrai message : l’IA va faciliter et accélérer les attaques.

    L’aspect positif demeure : connaître ces vulnérabilités permet de les corriger et de produire du code plus sécuritaire. La fondation Mozilla profite ainsi du travail effectué, et personne ne peut s’opposer à du code plus solide — surtout pour un navigateur, qui constitue notre principale porte d’entrée vers Internet.

    La limite des humains et des machines

    Preuve que l’IA ne remplace pas tout : Anthropic a justement lancé un programme de bug bounty cette semaine. À la question « pourquoi ne pas simplement utiliser Mythos? », la réponse est que le modèle n’est pas encore capable de trouver tous les bugs qu’un humain détecterait, et vice versa. L’humain et l’IA ne perçoivent pas le code ni l’application de la même manière.

    L’impact pour les PME

    Faut-il paniquer? Non, mais il faut accélérer. Le mantra d’hygiène de base en cybersécurité reste valable, mais doit devenir plus strict. Il faut accélérer les déploiements et l’application des correctifs. D’autres modèles arriveront, possiblement bon marché (un « DeepSeek » de la vulnérabilité), donc la pression de correction touchera toutes les entreprises. Les notions d’inventaire, de mise à jour et d’application des correctifs deviennent incontournables : on ne pourra plus dire « on sait qu’on a des portes ouvertes et on vivra avec ça. »

    Les intervenants notent toutefois avec lucidité que beaucoup de clients peinaient déjà à maintenir un inventaire à jour et à gérer leur programme de vulnérabilités, avec des outils comme Tenable. S’exciter pour Mythos sans d’abord régler ces bases serait contre-productif. Il faut prendre le dessus sur ses vulnérabilités actuelles et tenir un inventaire d’actifs à jour avant même de songer à utiliser ce type d’outil. Cette hygiène n’est plus optionnelle : sans elle, impossible de sortir la tête de l’eau. Et dès qu’une vulnérabilité reçoit un nom médiatisé — comme Heartbleed ou Dirty COW —, on ne peut plus l’ignorer : sinon, c’est le patron ou les clients qui exigeront une action.

    L’analogie finale

    L’animateur propose une analogie : avant, les voleurs d’autos étaient peu nombreux dans un quartier tranquille. Aujourd’hui, votre voiture se trouve dans un quartier chaud où de nombreux voleurs potentiels circulent. Vous n’êtes pas mieux protégé, mais votre risque augmente fortement. La priorité n’est plus de craindre les outils sophistiqués, mais de commencer par verrouiller ses portes. L’équipe conclut que, là où l’on connaissait peut-être un incident par année, on risque désormais un incident par mois sans une hygiène suffisante. Le message final : verrouillez vos portes, car vous n’avez plus le choix.

    Collaborateurs

    Nicolas-Loïc Fortin

    Dominique Derrier

    Cyndie Feltz

    Nicholas Milot

    Crédits

    Montage par Intrasecure inc

    Locaux virtuels par Riverside.fm
  • PolySécure Podcast

    Teknik - A systematic approach to evading antivirus software - Parce que... c'est l'épisode 0x304!

    2026-06-03 | 37 mins.
    Parce que… c’est l’épisode 0x304!

    Shameless plug

    24 et 25 juin 2026 - Troopers

    26 et 27 juin 2026 - leHACK

    19 septembre 2026 - Bsides Montréal

    1 au 3 décembre 2026 - Forum INCYBER - Canada 2026

    24 et 25 février 2027 - SéQCure 2027

    Description

    Notes

    A systematic approach to evading antivirus software

    Collaborateurs

    Nicolas-Loïc Fortin

    Philippe Pépos Petitclerc

    Crédits

    Montage par Intrasecure inc

    Locaux réels par NorthSec
    éléments de cadrage. Premièrement, la modernité : on ne parle plus vraiment d’antivirus mais d’EDR (Endpoint Detection and Response). Selon lui, l’antivirus a été fusionné dans le concept d’EDR, qui correspond à un antivirus auquel s’ajoutent des capacités de télémétrie, de visibilité et de réponse pour les équipes de défense (Blue Team). Deuxièmement, pour rendre la recherche constructive comme première étude dans ce domaine, il a mis de côté les modèles statistiques pour se concentrer d’abord sur les moteurs déterministes, c’est-à-dire ceux dont le résultat est certain (par exemple, chercher un hash précis dans un fichier).

    Capacités versus signatures

    Pour généraliser son approche, Philippe travaille avec un « AV générique » plutôt qu’un produit en particulier, l’objectif étant de bâtir un plan d’évasion applicable à n’importe quel antivirus rencontré. Il introduit une distinction centrale : la capacité de détection, qu’il décompose en « une analyse plus une raison ou une façon de regarder ». Il compare cela aux signatures : la signature, c’est ce qu’on cherche (par exemple le hash lui-même), tandis que la capacité, c’est comment et où on le cherche. Hacher un fichier et comparer le résultat constitue une capacité ; le hash recherché est la signature.

    Construire l’inventaire des capacités

    Pour cartographier ces capacités, Philippe a combiné deux sources. D’une part, la littérature scientifique sur les techniques de détection, abondante, bien qu’on ignore lesquelles ont réellement été adoptées dans les produits commerciaux (beaucoup relèvent du secret industriel, difficile à citer en recherche académique). D’autre part, l’observation des techniques d’évasion utilisées « in the wild », même non documentées sérieusement, car leur popularité révèle indirectement quelles détections fonctionnent vraiment. Il a ensuite classifié ces capacités selon les mêmes principes que l’analyse de programme classique, produisant une arborescence où chaque technique s’inscrit dans des classes successives, ce qui permet de « couper des branches » pour identifier précisément la méthode en jeu — une démarche qu’il rapproche de la philosophie d’ATT&CK.

    La cartographie statique et dynamique

    La cartographie se divise en deux grandes catégories. Les analyses statiques examinent un fichier sur disque sans l’exécuter : hashes, recherche de séquences d’octets (avec ou sans « trous »), reconstruction d’information sémantique comme un graphe de flot de contrôle (CFG), ou simple analyse de chaînes de caractères. Ces analyses « cheap » sont fréquentes mais faciles à évader, car l’apparence d’un fichier se modifie aisément. Les analyses dynamiques se subdivisent entre le virtuel (sandbox, émulation, dans un faux système) et le concret (sur le vrai système). On y trouve le traçage d’appels de fonction, le hooking, et la réapplication de détections statiques à des moments clés — puisque scanner la mémoire est coûteux, l’antivirus utilise des déclencheurs pour choisir quand inspecter. Philippe souligne cet effort d’économie de ressources inhérent à chaque implémentation.

    La technique du « probing »

    Une contribution importante est le probing (sondage) : on teste un programme, on le modifie légèrement, puis on le reteste pour comparer les détections. Si le programme part non détecté, il peut rester non détecté ou le devenir. S’il part détecté, trois issues sont possibles : devenir non détecté, rester détecté avec le même identifiant, ou être détecté avec un nouvel identifiant. Comme les antivirus retournent des identifiants distincts plutôt qu’un simple verdict binaire, on extrait davantage d’information. En choisissant intelligemment la transformation, on isole la capacité réelle. Par exemple, ajouter un octet inoffensif casse un hash : si la détection reste identique, elle n’était pas basée sur un hash. Pour le dynamique, utiliser un packer (crypter) qui chiffre le payload et le déchiffre à l’exécution permet de révéler la présence d’une sandbox.

    Différences entre moteurs et stratégie d’évasion

    Tous les moteurs testés possèdent une sandbox détectable, mais leur usage varie énormément : certains détectent beaucoup via leur sandbox, d’autres presque rien. Philippe note que la capacité marketing (« on a du behavior, du sandboxing ») peut exister tout en ayant une banque de signatures si mince qu’elle ne se déclenche presque jamais. Les philosophies d’implémentation diffèrent : chaque éditeur capitalise sur sa technologie de prédilection. Sa méthode d’évasion consiste à « blinder » chaque capacité détectée : une fois la présence d’un unpacker ou d’une sandbox identifiée, il associe les techniques d’évasion connues qui neutralisent spécifiquement chacune, construisant un ensemble minimal couvrant toutes les capacités trouvées. L’objectif n’est pas une évasion universelle unique, mais un flowchart indiquant quoi faire et quoi éviter — ajouter du code inutile risquant de se faire repérer. Les résultats détaillés figureront dans sa thèse, le protocole étant maintenant stable et prêt à être lancé à grande échelle.

    Le volet CTF et l’intelligence artificielle

    L’équipe montréalaise de Philippe, active depuis une dizaine d’années, monte presque toujours sur le podium au Nordsec et vise une qualification au DEF CON. Leur distinction : une propension à sortir des sentiers battus et à trouver des solutions « weird », parfois des bypass transformant un défi de six heures en trente minutes. Sur l’IA, le Nordsec a levé cette année ses restrictions. L’équipe constate que le harnessing et le prompting ont moins d’impact que de simplement relancer le modèle plusieurs fois : la température et la répétition comptent davantage. Les modèles plus puissants, surchargés d’outils, « se creusent des trous » en polluant leur contexte. L’IA réussit aujourd’hui environ 95 % des défis sauvegardés, ce qui soulève des questions sur le plaisir et l’avenir des CTF — un défi que Philippe fait confiance aux organisateurs du DEF CON pour relever.

    Notes

    A systematic approach to evading antivirus software

    Collaborateurs

    Nicolas-Loïc Fortin

    Philippe Pépos Petitclerc

    Crédits

    Montage par Intrasecure inc

    Locaux réels par NorthSec
  • PolySécure Podcast

    Teknik - GenAI en cybersécurité - cas concret d'utilisation et retour d'expérience (Cybereco) - Parce que... c'est l'épisode 0x303!

    2026-06-02 | 28 mins.
    Parce que… c’est l’épisode 0x303!

    Shameless plug

    3 au 5 juin 2026 - SSTIC 2026

    24 et 25 juin 2026 - Troopers

    26 et 27 juin 2026 - leHACK

    19 septembre 2026 - Bsides Montréal

    1 au 3 décembre 2026 - Forum INCYBER - Canada 2026

    24 et 25 février 2027 - SéQCure 2027

    Description

    Dans cet épisode spécial Cybereco, Cédric Thibault partage un retour d’expérience sur le développement d’une plateforme d’automatisation de workflows de cybersécurité utilisant réellement l’IA générative. Sa motivation : il existe beaucoup de discours sur l’IA, mais peu de retours concrets de bâtisseurs qui ont fait des choix, commis des erreurs et obtenu des succès.

    Le problème : des analystes noyés

    Le constat de départ est partagé par toutes les entreprises qu’il côtoie. Face à la montée réelle des attaques — ce n’est pas qu’un argument marketing — les moyens humains restent très limités. Paradoxalement, ajouter des outils, même justifié, produit souvent l’effet inverse : cela noie davantage les équipes et réduit la capacité humaine en bout de chaîne.

    Son objectif est de redonner de la capacité aux clients et de remettre les analystes dans un véritable poste d’analyste. Un analyste devrait faire de l’analyse et exercer son esprit critique, pas exécuter des clics séquencés en suivant un playbook. Beaucoup de processus de sécurité existent d’ailleurs en dehors du SOC. L’exemple récurrent est le triage des courriels signalés comme hameçonnage par les utilisateurs : ces signalements s’accumulent dans une boîte cyber partagée, et les analystes valident les indicateurs, lisent les courriels et jugent leur caractère malicieux. Additionné, cet effort représente des heures, pour une tâche répétitive sans réelle valeur ajoutée — comparable à la roue d’un hamster, puisque le flux de courriels malicieux est infini.

    L’approche : déterminisme d’abord, IA aux points clés

    Cédric insiste sur le mot clé du déterminisme. Par nature, un agent IA ne sera jamais pleinement déterministe : on peut maximiser sa fiabilité sans jamais la garantir totalement. Face à la pression marketing qui promet de remplacer des équipes entières par un agent, son retour d’expérience est différent : il faut utiliser l’IA là où elle est réellement utile, et s’appuyer sur des bases solides et déterministes — du procode ou du low-code via des plateformes d’automatisation.

    Ces plateformes existent depuis des années, et la cybersécurité connaît bien les SOAR, mais ceux-ci sont restés cantonnés à l’univers du SOC. L’avantage de l’IA est qu’en mêlant les deux technologies — automatisation robuste et agents IA très ponctuels à des endroits clés — on obtient une valeur maximale : interaction intelligente avec les utilisateurs d’un côté, garantie que la prise d’action est exécutée par des scripts de l’autre. Bloquer le port 80 doit signifier exactement le port 80, pas une approximation. Cette fiabilité est indispensable, car aucune équipe cyber n’adoptera des processus qui ne sont pas fiables à 100 %.

    Cédric rappelle un constat partagé deux ou trois ans plus tôt par David Gérard : en cybersécurité, la tolérance à la déviation est nulle, et dès qu’un analyste constatait une hallucination, c’était l’abandon systématique de toute la solution. Ces abandons sont dommageables, car la technologie bien employée apporte beaucoup de valeur. Le mode « yolo » n’est pas recommandé : déployer des workflows IA en production exige une démarche très structurée et beaucoup d’ingénierie, un aspect trop peu évoqué face aux vidéos YouTube spectaculaires.

    L’ingénierie et l’équipe hybride

    Un conseil fort : ne jamais confier un projet d’ingénierie IA uniquement à des ingénieurs IA. Il faut des spécialistes de domaine. Pour un workflow anti-hameçonnage dans M365, un spécialiste M365 est nécessaire, car les API ne sont pas si simples. Cédric recommande une équipe hybride en binôme : un ingénieur IA qui maîtrise la plateforme d’automatisation et l’invocation optimale du LLM (tokens, coûts, garde-fous), et un spécialiste de contenu qui choisit le meilleur flow et la bonne façon de travailler avec les outils tiers.

    Concrètement, dans ce type de workflow, environ 90 % des nodes sont purement déterministes et seulement 10 % relèvent d’agents IA — mais placés au bon endroit, ils servent de « colle » permettant de finaliser le processus de bout en bout. Il déconseille d’utiliser des agents pour prendre des actions en console quand un simple script déterministe fait l’affaire, sans risque ni coût en tokens.

    Gestion du risque et amélioration continue

    Le niveau d’acceptation du risque varie selon les clients. Certains gardent un human in the loop — une alerte Teams avec un bouton « approve » ou « reject » avant toute action. D’autres, après une preuve de concept concluante, acceptent une automatisation complète, mais toujours avec des actions déterministes qui réduisent le risque sans le supprimer.

    Une fois les premiers résultats observés, l’effet est impressionnant : les clients veulent enrichir leurs workflows et améliorer des processus qu’ils n’optimisaient pas faute de temps. L’analyste passe alors en mode amélioration et critique. Mais il faut stabiliser des versions, car l’observabilité et l’évaluation de performance exigent des jeux de tests roulés en permanence pour garantir la stabilité, tout en développant les versions suivantes en parallèle.

    L’automatisation génère aussi de nombreux KPI, impossibles à obtenir dans des processus manuels, formant une boucle de rétroaction continue. Comme le reporting des plateformes low-code/no-code est souvent pauvre, son équipe exporte les logs des agents vers les SIEM des clients pour créer des tableaux de bord. Ce qu’on ne peut mesurer, on ne peut le faire évoluer.

    Une évolution nécessaire

    Cédric reprend une formule tirée d’un papier de la CSA lié à Mythos : ne pas faire évoluer ses processus de cybersécurité aujourd’hui revient à préparer ses équipes au burnout. Il ne s’agit pas que l’IA fasse tout, mais qu’elle améliore des points critiques pour décharger les analystes face à l’alert fatigue déjà bien présente. Les premiers retours clients sont très positifs. Il anticipe une adoption plus large et précise qu’il n’a pas abordé le sujet des agents personnels, un autre enjeu dont on parlera beaucoup en 2026.

    Collaborateurs

    Nicolas-Loïc Fortin

    Cédric Thibault

    Crédits

    Montage par Intrasecure inc

    Locaux réels par Cybereco
  • PolySécure Podcast

    Actu - 31 mai 2026 - Parce que... c'est l'épisode 0x302!

    2026-06-01 | 46 mins.
    Parce que… c’est l’épisode 0x302!

    Préambule

    Finalement, ce n’est pas tant concluant la nouvelle façon d’enregistrer. J’aurai d’autres tests à faire si je désire continuer avec cet équipement.

    Shameless plug

    3 au 5 juin 2026 - SSTIC 2026

    24 et 25 juin 2026 - Troopers

    26 et 27 juin 2026 - leHACK

    30 juin au 2 juillet 2026 - Pass the SALT

    19 septembre 2026 - Bsides Montréal

    20 au 26 septembre 2026 - BruCON

    13 novembre 2026 - DEATHCon

    16 au 19 novembre - European Cyber Week

    1 au 3 décembre 2026 - Forum INCYBER - Canada 2026

    24 et 25 février 2027 - SéQCure 2027

    Notes

    IA ou Ghost in the shell

    Retour de l’enfant Mythos

    Anthropic to release Mythos-class models to the public

    Anthropic’s Restricted Claude Mythos Moves Toward Public Release via Claude Code and Security

    Mythos Detected 23,000 Vulnerabilities Across 1,000 OSS Projects

    Anthropic confirms Claude Mythos-class models will roll out to the public




    Raz le bol

    AI is becoming increasingly unpopular

    Fed up with vibe coders, dev sneaks data-nuking prompt injection into their code




    Menteur menteur

    LLMs believe false statements even after explicit warnings that they’re false

    AI bots ignore evidence. Can we trust them with science?

    Kevin Beaumont: “If anybody is wondering how th…” - Cyberplace




    SecuClaude

    Anthropic Releases Free Security Plugin for Claude Code Terminal to Detect Vulnerabilities

    Anthropic Updates Claude Code With Security Plugin and Faster Performance




    Aider ce qui ne veut pas se faire aider

    Open-Weight LLM Fine-Tuning Defenses are Susceptible to Simple Attacks

    Jailbreaking and Mitigation of Vulnerabilities in Large Language Models

    Provably Secure Agent Guardrail




    Millions of AI agents imperiled by critical vulnerability in open source package

    The pressure

    Agentic AI Isn’t Risky; the Way Orgs Deploy It Is

    Leak@𝑘: Unlearning Does Not Make LLMs Forget Under Probabilistic Decoding

    Hackers are now using ChatGPT share links to deliver malware

    OpenAI Privacy Filter - Masquez vos données perso en local

    Microsoft Copilot Cowork Exfiltrates Files




    La guerre, la guerre, c’est pas une raison pour se faire mal!

    Internet Starts to Return in Iran After 3-Month Blackout

    Iran president ends Internet blackout, orders access to be restored

    Musk says US military suicide drones used Starlink in violation of SpaceX rules

    Russia conducting daily attacks on UK ‘from seabed to cyberspace,’ spy chief warns

    The Pentagon Knew Enemies Could Track Troops’ Phones for Years. Now They Are




    Souveraineté ou vive le numérique libre!

    Microsoft Allegedly Leaked Dutch Civil Servants’ Data To the US




    Privacy ou cachez ces informations que je ne saurais voir

    ‘BusPatrol’ Put AI Cameras in Tens of Thousands of School Buses. Now They Want to Give Cops Access

    Anonymous YARA Rules Are Not Anonymous

    iOS 26 gèle vos appels FaceTime quand il détecte de la nudité, même entre adultes

    Cities Are Covering Flock Cameras With Trash Bags

    Trillions of miles of data: Your car is spying on you, and it’s only just the beginning




    I am the law

    Ninth Circuit Panel Goes Out of Its Way to Question Section 230-Doe v. Meta

    FBI agent explains how easy it is to ID people posting AI porn without consent

    Germany Considers Law to Force Social Media Algorithm Boost for State-Approved News

    Dutch Raid Fails to Dent Russian Bulletproof Host

    Bill C-22 Is a Mess of the Government’s Own Making




    Red ou tout ce qui est brisé

    Rire jaune

    GitLab Suspends Windows Exploit Researcher Nightmare-Eclipse After GitHub Ban

    Microsoft’s stance on zero day exploits is a dumpster fire of their own making

    Microsoft Criticized for Threatening Legal Action Against Security Researcher

    Cris Thomas (L0pht Veteran, Architect Of Responsible Disclosure) Is Calling Microsoft’s MSRC Posture An Abuse Of The Framework His Community Built. Free Cookies For Collaborators.




    Quand les Motorola prennent une commission sur vos achats Amazon

    Shai-Hulud Hackers TeamPCP: Lucky or Skilled?

    Hackers Exploit Microsoft Teams’ Collaboration Features to Impersonate IT Helpdesk Staff

    Rob Bonta sues 23andMe’s new owners over 2023 breach

    FROST - Quand un site web peut vous tracker grâce à votre SSD




    Blue ou tout ce qui améliore notre posture

    2026 HIPAA Security Rule Update: New Requirements to Prepare For

    Apple open-sources quantum-resistant encryption code

    Apple’s New Anti-Snatching Feature Will Auto-Lock iPhones When Stolen From Your Hand

    Rust Will Save Linux From AI, Says Greg Kroah-Hartman

    IBM, Red Hat Commit $5 Billion To Secure Open Source Supply Chains

    A Secure, Manifest-Based Framework for Delegated Privilege Promotion




    Divers ou parce que j’ai aucune idée où les placer

    Experts question Nigel Farage’s Russian phone-hacking claims

    You should not update your dependencies in 2026

    Un développeur de malware oublie son propre token GitHub dans le code




    Collaborateurs

    Nicolas-Loïc Fortin

    Crédits

    Montage par Intrasecure inc

    Locaux réels par CitizenM CDG
  • PolySécure Podcast

    Teknik - Sécurité des sous-stations électriques - Parce que... c'est l'épisode 0x301!

    2026-05-28 | 52 mins.
    Parce que… c’est l’épisode 0x301!

    Shameless plug

    3 au 5 juin 2026 - SSTIC 2026

    24 et 25 juin 2026 - Troopers

    26 et 27 juin 2026 - leHACK

    19 septembre 2026 - Bsides Montréal

    1 au 3 décembre 2026 - Forum INCYBER - Canada 2026

    24 et 25 février 2027 - SéQCure 2027

    Description

    Dans cet épisode, Georges Badro, consultant chez Mandiant à Paris spécialisé dans les infrastructures critiques et les systèmes industriels, explique le fonctionnement et la sécurisation des sous-stations électriques.

    Architecture du réseau électrique

    Le réseau électrique se décompose en trois zones : la génération (centrales hydrauliques, nucléaires, thermiques, renouvelables), le transport et la distribution. Le réseau de transmission permet de limiter les pertes d’énergie et surtout d’équilibrer production et consommation afin de maintenir une fréquence stable. Contrairement à un réseau d’eau, un réseau électrique exige un équilibre permanent entre ce qui est produit et ce qui est consommé, sous peine de l’endommager.

    Les sous-stations sont les nœuds névralgiques de ce réseau de transmission : ces grands parcs clôturés que l’on aperçoit au bord des routes centralisent et redistribuent l’électricité. On y trouve des transformateurs et des disjoncteurs, ces derniers permettant d’ouvrir ou de fermer le courant. Aujourd’hui, ces équipements ne sont plus opérés manuellement mais via du contrôle numérique : interfaces homme-machine (IHM), contrôle à distance, RTU (Remote Terminal Units servant de passerelle vers le centre de contrôle), relais de protection et de contrôle (qui lisent tension, intensité et fréquence pour automatiser des décisions), postes d’ingénierie et équipements réseau.

    Interconnexion croissante et surface d’attaque

    Badro insiste sur la disparition de l’« air gap » d’autrefois. Les sous-stations sont désormais interconnectées avec les centres de contrôle, des tiers, des partenaires, parfois directement à internet, voire avec le cloud pour la maintenance prédictive. L’architecture type comprend un réseau IT, une DMZ séparant l’IT des systèmes industriels (OT), un centre de contrôle régional ou national (avec historians, serveurs SCADA, bases de données) relié aux sous-stations via VPN ou MPLS. Chaque sous-station est configurée différemment. Certaines connexions exploitent le Powerline Communication (PLC), qui utilise les câbles électriques existants pour transmettre des paquets TCP/IP. Cette multiplication des accès distants, justifiée par la difficulté d’intervenir physiquement dans des zones rurales, augmente considérablement le risque. Les protocoles courants incluent IEC 104, DNP3 et GOOSE.

    Scénario d’attaque en Red Team

    Badro détaille l’approche Red Team de Mandiant, précisant qu’un véritable attaquant ne prendrait pas les mêmes précautions. L’attaque commence généralement par un accès initial à l’IT via phishing ou exploitation de vulnérabilités. Suit une phase de reconnaissance : énumération du domaine, recherche de documentation sur les partages réseau et wikis, fichiers de configuration aux extensions spécifiques, mots de passe en clair (notamment de VPN) et schémas d’architecture.

    L’accès au réseau OT s’obtient ensuite via un VPN, l’exploitation de flux autorisés au firewall, ou la compromission d’hyperviseurs hébergeant des VM IT et OT. Plutôt qu’un scan NMAP destructeur, l’équipe privilégie une reconnaissance furtive : écoute passive du trafic, analyse des adresses IP et MAC, utilisation de logiciels légitimes d’opérateurs et de scripts spécialisés (Modbus, DNP3). Les vulnérabilités exploitées sont souvent basiques : mots de passe par défaut sur interfaces web, SSH ou Telnet, parfois sur des fonctionnalités cachées utilisées par les fournisseurs et inconnues des équipes. À partir d’une IHM, l’attaquant remonte vers les relais de protection, cibles plus insidieuses permettant des dégâts coûteux.

    Compromissions réelles

    Badro compare deux attaques réelles. En Ukraine en 2015, l’attaque a démarré sur l’IT par phishing (malware Black Energy via macro), récupéré des mots de passe VPN, accédé aux IHM, RTU et switchs Moxa, puis ouvert les disjoncteurs et déployé des firmwares corrompus pour empêcher la reprise de contrôle.

    En Pologne en décembre 2025, l’attaque a ciblé directement l’OT en exploitant une CVE connue mais non corrigée pendant plusieurs semaines sur des firewalls exposés à internet. L’attaquant s’est étendu aux RTU, relais, IHM et convertisseurs série-Ethernet via des comptes par défaut, a lancé des scans locaux, uploadé des firmwares corrompus, supprimé des fichiers système des relais et déployé des wipers sur les IHM.

    Le constat marquant : malgré dix ans d’écart, les mêmes vulnérabilités basiques persistent. Si l’entrée dans les réseaux IT s’est durcie, le côté OT reste comme l’IT « d’il y a très longtemps » — peu de mots de passe robustes, peu de contrôles — par préjugé d’isolement et par des pratiques de maintenance figées.

    Attaques avancées et défense

    Au-delà de la simple ouverture d’un disjoncteur, des attaques plus subtiles ciblent la logique des relais : modifier des valeurs de déclenchement, fausser une LED, ou altérer la fonction de réenclenchement automatique. Ces manipulations restent invisibles jusqu’à une condition rare (un arbre tombant sur une ligne) et sont très difficiles à diagnostiquer sans journalisation.

    Côté défense, Badro recommande : changer les mots de passe par défaut (et alerter si l’ancien est réutilisé), maintenir à jour les systèmes exposés à internet, restreindre les accès SSH/HTTP à des points spécifiques, contrôler les flux PLC venant des centrales, et surtout établir une visibilité réseau et événementielle à tous les niveaux. La prévisibilité des réseaux OT facilite la définition d’une baseline et la détection d’anomalies. L’approche consiste à décomposer chaque système, comprendre les fonctions et leurs interfaces internes/externes (par exemple le GPS spoofing), puis concevoir protections et détections adaptées — en protégeant avant tout le disjoncteur, élément le plus critique.

    Collaborateurs

    Nicolas-Loïc Fortin

    Georges Badro

    Crédits

    Montage par Intrasecure inc

    Locaux réels par Google Paris
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