On tient parfois le transport pour acquis. Quand on peut toucher un écran et recevoir, une semaine plus tard, un produit venant de l’autre bout du monde, c’est facile d’oublier l’incroyable logistique qui se trouve entre les deux. Transports Canada est au cœur du transport aérien, terrestre et maritime, et bon nombre de ses services permettent à ces livraisons de continuer à circuler.
L’une des responsabilités de Transports Canada est d’assurer la sécurité et la sûreté maritimes, ce qui comprend notamment l’immatriculation des embarcations, la certification des gens de mer et les examens médicaux pour les personnes qui passeront des mois en mer. Plusieurs de ces services sont assortis de frais et, depuis 2017, tout ministère fédéral qui exige des frais doit en rembourser une partie s’il ne respecte pas les délais de service.
On pourrait croire que lorsqu’une telle loi est adoptée, le gouvernement mettrait aussi en place les outils numériques nécessaires à son application. Mais ces deux éléments sont rarement synchronisés : la législation et sa mise en œuvre évoluent séparément. Il revient donc à chaque ministère d’interpréter la loi et de mettre en place ses propres processus.
(Dans un monde idéal, les lois et le code nécessaire à leur application seraient développés en parallèle. Cela favoriserait une bien plus grande réutilisation et modularité dans les applications gouvernementales — et ça amènerait peut-être aussi les législateurs à constater que certaines politiques ne sont tout simplement pas applicables telles quelles.)
Transports Canada a conçu son propre système de suivi des frais, désormais connecté à l’application de gestion de la charge de travail développée sous le leadership de Lucie Bergeron de sécurité et sûreté maritimes. Cette réussite repose en partie sur l’approche en trois phases qu’elle a mise en place pour moderniser les services maritimes et, surtout, sur sa capacité à mobiliser une équipe multidisciplinaire — incluant des spécialistes de la gestion du changement — pour concrétiser cette transformation.
Aussi, comme le Canada a deux langues officielles et que le français est la langue maternelle de Lucie, Alistair et Lucie ont enregistré cette entrevue deux fois — avec de légères différences — une en français et une en anglais !