Au début de la Révolution française, Maximilien Robespierre apparaissait comme un homme presque idéaliste. Avocat austère, profondément opposé à la corruption, il défendait les pauvres, dénonçait les privilèges et réclamait davantage d’égalité. On le surnommait même “l’Incorruptible”.
Et pourtant, quelques années plus tard, cet homme finit guillotiné par… les révolutionnaires eux-mêmes.
Comment une telle chute a-t-elle été possible ?
Pour le comprendre, il faut revenir à une période extrêmement chaotique. Après la chute de la monarchie en 1792, la France révolutionnaire est menacée de toutes parts : guerres contre les monarchies européennes, révoltes internes, crise économique, peur des complots.
Dans ce climat de panique, Robespierre devient l’un des hommes forts du gouvernement révolutionnaire, notamment au sein du Comité de salut public.
Et peu à peu, une idée s’impose chez lui : pour sauver la Révolution, il faut éliminer tous ses ennemis.
C’est le début de la Terreur.
Les tribunaux révolutionnaires se multiplient. Les procès deviennent expéditifs. Une simple suspicion peut conduire à la guillotine. Nobles, prêtres, opposants politiques, anciens alliés révolutionnaires : des milliers de personnes sont exécutées.
Entre 1793 et 1794, environ 17 000 personnes sont officiellement guillotinées en France.
Au départ, beaucoup soutiennent ces mesures, car ils pensent défendre la Révolution. Mais rapidement, la peur change de camp.
Les députés révolutionnaires eux-mêmes commencent à craindre pour leur vie.
Car Robespierre devient de plus en plus imprévisible. Il parle souvent de “traîtres” et de “conspirateurs” sans toujours donner de noms précis. Personne ne sait alors qui sera accusé ensuite.
Puis survient le tournant décisif.
Le 8 Thermidor an II — soit le 26 juillet 1794 — Robespierre prononce un discours inquiétant devant l’Assemblée. Il affirme qu’une vaste conspiration menace la Révolution et qu’il faut purger le gouvernement.
Mais il refuse de nommer les coupables.
Panique immédiate.
De nombreux députés comprennent qu’ils risquent eux-mêmes d’être arrêtés et exécutés. Le lendemain, ils décident donc de frapper les premiers. Robespierre est arrêté dans un tumulte incroyable.
Dans la nuit, ses partisans tentent de le sauver à l’Hôtel de Ville de Paris. C’est alors qu’il reçoit une balle dans la mâchoire — peut-être une tentative de suicide, peut-être le tir d’un gendarme.
Le lendemain, blessé, le visage ensanglanté, incapable presque de parler, Robespierre est conduit à la guillotine.
L’homme qui avait incarné la Terreur est exécuté par la même Révolution qu’il croyait sauver.
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