En avril dernier, le sauvetage spectaculaire d’un militaire américain dont l’avion avait été abattu en Iran, faisait la Une des JT. Le grand public ne le sait peut-être pas mais la mission de recherche et sauvetage au combat, est un savoir-faire développé par les aviateurs français depuis plus de 20 ans. Officier renseignement et spécialiste du domaine, la commandant Julie est la commandant en second du Centre de Formation à la Survie et au Sauvetage. Dans ce podcast, elle nous présente cette unité atypique.
Issue de la filière renseignement, l'aviatrice a commencé sa carrière au sein de l'escadron d'hélicoptères 1/67 Pyrénées : « J'y ai passé un peu plus de cinq ans et c’est tout naturellement, que je me suis un peu spécialisée dans la mission de recherche et sauvetage au combat, la Resco. Pendant cette période, j’ai eu la chance, de travailler dans un cadre interarmées et interalliés. C'était passionnant et cela m'a permis de cumuler une somme d'expériences opérationnelles très intéressantes et variées ». Elle s'ouvre ensuite à d'autres opportunités et va même pouvoir oeuvrer à bord des avions légers de surveillance et de reconnaissance.
Après avoir réussi le concours de l'École de guerre, l’officier souhaite rejoindre le Centre de formation à la survie et au sauvetage, une unité experte de l'armée de l'Air et de l'Espace dont l’objectif principal consiste à former les personnels navigants de l'armée de l'Air et de l'Espace, mais également, ceux de la Marine nationale et de l'armée de Terre, à pouvoir survivre, s'évader, résister et s'extraire en cas d’éjection ou de crash en territoire hostile. Un savoir-faire qui évolue avec le contexte stratégique. « C'est un domaine extrêmement dynamique. Depuis 2022, il y a une vraie conscience de la part des nations de devoir entraîner le personnel militaire en situation de capture. Quand je dis entraîner, c'est entraîner à survivre en cas de captivité, autant sur l'aspect préparation physique que psychologique. On adapte donc nos formations en fonction du contexte, on explique par exemple à nos stagiaires comment se soustraire d'une menace drone, d'une menace mine ou IED (Improvised Explosive Device ou engin explosif improvisé). Avec l'ensemble des nations, nous avons un réseau partagé entre écoles de survie qui est assez développé. Cela nous permet de réfléchir à l’évolution de nos domaines d'expertise », souligne notre invitée. Des exercices encadrés par l’EPRC (European Personal Recovery Center) sont d’ailleurs organisés annuellement afin d’utiliser les procédures de l'Otan et de les standardiser. « Effectivement, on s'entraîne tous ensemble, toutefois, la France détient une capacité à mener de manière autonome cette mission », précise-t-elle, ce qui en fait une nation experte du domaine.
La suite ? C'est à écouter dans le podcast.
Crédit photo : Caporal Léa Junca
Musique originale : Stéphane Lebaron et Romain Paillard