Stéphane Ricoul s’appuie sur une récente encyclique du pape Léon XIV consacrée à l’intelligence artificielle pour réfléchir à notre rapport à la connaissance. À l’ère des résumés automatiques et des synthèses générées en quelques secondes, il s’interroge sur ce que nous perdons lorsque nous déléguons à l’IA non seulement la recherche d’information, mais aussi une partie de notre réflexion. Selon lui, comprendre un sujet exige du temps, de l’effort et une confrontation avec la complexité, des étapes que les résumés ont tendance à éliminer.
Le risque n’est pas seulement de moins lire, mais de remplacer progressivement l’analyse par la reformulation d’idées produites par d’autres. Pour Stéphane Ricoul, le véritable enjeu n’est donc pas l’accès à l’information, mais la préservation de notre capacité à comprendre, juger et penser par nous-mêmes dans un monde de plus en plus médié par l’IA.